Pêche sous-marine vu par Nico

de | 29 février 2016

La pêche sous-marine, est une forme de pêche réalisée en apnée (en retenant sa respiration), qui consiste à capturer sous l’eau certains poissons et ainsi qu’à prélever des oursins, crustacés.
La pratique fait l’objet d’une réglementation stricte pour la France pouvant aller jusqu’à l’interdiction. Cette pêche est typiquement pratiquée en apnée, en bord de mer ou en bateau et jusqu’à des profondeurs de plus 30 mètres pour certains apnéistes, avec une arbalète à élastique et un équipement de plongée (masque, tuba, palmes…).

Pratique sportive et de loisir

La pêche sous-marine est pratiquée comme un loisir ou un sport, à l’identique d’autres formes de pêche sportives ou de plongée loisir. Pour ces pratiquants, la capture des prises ne représente pas une nécessité ou une contrainte permettant d’assurer leur subsistance (nourriture).
Cette pêche est une activité de passe-temps voir même une véritable passion: c’est un sport ou loisir de pleine nature permettant la découverte de la faune et la flore marine, l’amélioration ou le maintien de la forme physique. Elle est aussi une manière complémentaire d’acquérir les produits de la mer, généralement destinés à la consommation familiale comme préparation culinaires traditionnelle ou classique.
Cette activité récréative est souvent rattachée à des organisations de sport ou de pêche loisir, à l’exemple des clubs et fédérations (FCSMP). Des compétitions existent, mais la majorité des pratiquants de pêche sous-marine ne sont pas motivés par cette forme compétitive. De même, la médiatisation de la pratique de loisir auprès du grand public concerne rarement ces compétitions, qui sont souvent perçues négativement par le public.

peche sous marine : la passion

La pêche sous-marine : un sport et une passion

Aspects techniques

Équipement

L’équipement de base pour un chasseur sous-marin est composé d’un masque, d’un tuba, des palmes, de la combinaisons de chasse (en néoprène), l’arme de chasse, généralement une arbalète, d’un lest (ceinture de plombs, baudrier, plombs de cheville), d’un couteau ou une dague, et d’une bouée avec un pavillon de plongée (pavillon alpha, croix saint André ou pavillon rouge avec la diagonale blanche) pour signaler sa présence qui est obligatoire, un accroche-poisson et un moulinet sur l’arbalète pour résister aux grosses prises viennent compléter l’équipement type d’une pratique de loisir.
C’est souvent avec ce matériel minimum qu’opèrent les pêcheurs.
Dans certaines conditions un équipement spécifique peut être employé. Pour rejoindre un lieu de chasse éloigné du bord (et transporter plus de matériel), le pratiquant peut utiliser un bateau à moteur (un semi-rigide par exemple), une embarcation à propulsion humaine (kayak de mer) ou une planche de chasse.
On peut également utiliser une gueuse, c’est-à-dire un poids que l’on tient à la main pour descendre et que l’on aura préalablement accroché à un fil relié à la surface, laquelle est larguée une fois la descente terminée. Une montre ou un ordinateur de plongée, permet de vérifier le temps de plongée et la profondeur.

Armement et outils de prélèvement

Pour la capture du poisson, l’armement le plus commun est une arbalète à câbles élastiques (sandows), parfois nommée « fusil harpon », munie d’une poignée et d’une gâchette. Elle a une portée relativement courte, typiquement de 2 mètres à moins de 5 mètres selon la taille de l’arbalète, un autre type d’arme est le fusil pneumatique, qui propulse la flèche avec la force de l’air comprimée par le chasseur. L’arbalète dite « hawaïenne » , parfois utilisée en Amérique du Nord, est un simple tube muni d’un élastique (parfois d’une crosse) dans lequel glisse la flèche. La foëne à élastique ou « lance hawaïenne » (polespear en anglais) est une longue flèche munie d’un élastique que le chasseur enfile autour de sa main ou son poignet, elle est notamment utilisée dans certains pays interdisant les arbalètes.
Le projectile (flèche) généralement en inox ou galvanisé avec un diamètre de 6 à 8 mm, est munie d’un ardillon mobile qui se relève pour empêcher le poisson de se détacher. La pointe droite, dite «hawaïenne» ou «tahitienne», la pointe multiple (peigne) est une fourche avec trois (trident) à cinq dents, utilisée par exemple pour les poissons aux chairs fragiles ou pour éviter d’enrager la flèche (la coincer entre des roches). Pour les gros poissons, la flèche peut être reliée au fil d’un moulinet fixé à l’arbalète, permettant de donner du mou (pour éviter la casse du fil ou le perte du poisson blessé) et de ramener le poisson depuis la surface.
Pour la chasse de très gros poissons (thon, thon à dents de chien, marlin…), la pointe peut être détachable. De plus, la flèche ne sera pas reliée à un moulinet mais à une «ligne flottante» (floatline) constituée d’un cordage résistant et reliée à un «câble amortisseur» (bungee) et à une ou plusieurs bouées gonflables ou rigides (pouvant parfois supporter l’immersion jusqu’à 100 mètres). Ce type de montage permet de retenir et fatiguer les poissons pélagiques qui cherchent à fuir en grande profondeur.
Le prélèvement (crustacés, mollusques) est réalisé le plus fréquemment à la main. Selon les règlementations et espèces visées, il peut aussi être réalisé avec un crochet (crustacés, poulpe), une griffe (moules), une fourche (palourde), un couteau (oursin).

peche sous marine

une petite partie du matériel de peche sous-marine

Techniques de chasse

Les compétences techniques du chasseur comprennent la connaissance de la cartographie et géographie maritime (profondeurs, type de fond), le déplacement et l’orientation à la surface de l’eau (palmage), la connaissance du biotope marin (habitude des espèces de poisson…) pour faciliter le repérage des meilleurs lieux de chasse.
Le chasseur doit maîtriser la technique du plongeon canard. Il doit aussi se déplacer avec discrétion (bruits, mouvements) pour ne pas inquiéter ou faire fuir les poissons.
Les techniques d’approches courantes pour réussir à harponner le poisson sont:

  1. la coulée, en descendant directement de la surface vers le poisson,
  2. l’agachon, qui revient à se mettre à l’affût, immobile, couché sur le fond ou caché derrière un relief,
  3. la chasse à trou, en allant chercher le poisson réfugié dans les trous et failles des rochers,
  4. la chasse à l’indienne, qui consiste à surprendre le poisson en nageant lentement près de la surface ou du fond. La chasse à la dérive est une variante où le déplacement est réalisé en se laissant dériver dans une zone de forts courants.

Le chasseur peut utiliser certaines tactiques, comme le blocage des sorties d’un trou, le recul ou les appels sonores pour attirer le poisson. Quand le poisson est à portée de tir, le chasseur doit correctement viser avant de tirer. Si le poisson n’a pas été paralysé ou tué immédiatement par la flèche, le chasseur doit gérer correctement la phase de «combat» (où le poisson cherche à fuir ou se libérer de la flèche), tout en veillant à sa propre sécurité (remonter pour respirer). Le chasseur abrège le combat par la mise à mort du poisson, généralement en piquant le cerveau à travers les ouïes, à l’aide d’une pointe ou d’un couteau.
Le chasseur peut éventuellement «vider» le poisson (retirer les viscères) et l’écailler, en vue de sa conservation ou sa préparation culinaire.

Difficultés et risques

La chasse sous-marine est une activité relativement dangereuse, qui nécessite une formation solide et des aptitudes physiques spécifiques. Elle expose le pratiquant à différents risques pour sa vie et sa santé, occasionnés par l’usage inadéquate du matériel, les conditions extérieures, ses capacités physiques et son comportement. En raison de ces risques, il est parfois conseillé de pratiquer la chasse d’apnée en binôme, pour que celui qui reste en surface surveille la plongée de son partenaire et soit prêt à intervenir en cas de difficulté.

Conditions extérieures

La méconnaissance du pratiquant de ses capacités physiques et des conditions de mer peuvent être un risque. Les vagues, le courant, la température de l’eau, l’éloignement du bord et la configuration des fonds peuvent amener le pratiquant à s’épuiser, se perdre, être projeté sur les récifs et risquer la noyade.
La circulation des bateaux est un risque important de collision et noyade pour le chasseur, généralement peu visible lorsqu’il nage en surface (combinaison sombre, mer agitée). Pour prévenir ce risque, le pratiquant peut rester à proximité d’une bouée ou d’une embarcation munie d’un pavillon de plongée.Le relief sous-marin (corail, anfractuosités, épaves), les lignes et filets de pêche peuvent occasionner des coupures et plaies ou bien devenir des pièges mortels pour le chasseur qui se trouverait immobilisé. De même certaines créatures marines peuvent occasionner des blessures (méduse, requin, murène, raie…), tout comme les réactions des grands poissons fléchés.

Usage du matériel

Un mauvais maniement de l’arbalète est un risque pour le pratiquant (ou ses équipiers) d’être victime d’un tir accidentel de flèche. L’équipement (ceinture de leste, accroche-poisson) peut aussi se coincer dans la roche et empêcher le pratiquant en apnée de remonter rapidement à la surface. Une combinaison inadaptée à la température de l’eau est un risque d’hypothermie et d’épuisement pouvant conduire à la noyade.

Condition physique

L’apnée de chasse est souvent courte et répétée puisque les sorties de chasse peuvent durer plus de 5 heures. Le principal risque de l’apnée est la syncope (perte de connaissance) et la samba (perte de contrôle moteur) liées à la carence d’oxygène, qui en elles-mêmes ne sont pas dangereuses mais qui peuvent entraîner la noyade quand elles apparaissent dans l’eau.
Les causes de la syncope en apnée sont généralement une durée d’apnée trop prolongée ou une hyperventilation préalable (grandes inspirations répétés avant de plonger). L’hyperventilation fausse le «système d’alarme» liée à l’augmentation du taux de gaz carbonique dans le sang, qui n’alertera pas le plongeur du besoin pressant de respirer (hypocapnie). L’hyperventilation est ainsi une technique d’apnée vivement déconseillée. La syncope peut aussi être causée par une remontée rapide depuis les profondeurs provoquant une variation brutale de la pression partielle d’oxygène dans les poumons.
La syncope peut exceptionnellement avoir d’autres causes: sollicitation du sinus carotidien (cou étiré), hydrocution, hypothermie… Les autres risques (en apnée) sont les barotraumatismes (avec risques de noyade par désorientation), le reflux gastro-œsophagien (causé par la position «tête en bas»), les malaises hypoglycémique, les crampes musculaires (palmage), la maladie de décompression (pour les plongées répétées en profondeur).

Règlementation en France

La France possède une réglementation assez stricte. La pratique de loisir est autorisée seulement en apnée et durant le jour, avec des armes à chargement manuel pour la capture du poisson et avec un prélèvement à la main des crustacés. Outre des obligations liés à la sécurité des pratiquants (âge minimum, assurances), ou la définition de zones interdites (baignades, ports), la réglementation de la pratique loisir a visé la protection de la faune sous-marine (interdiction mérou, grande cigale, corb…) et la concurrence avec les marin-pêcheurs professionnels (interdiction de vente des captures, interdiction sur thon rouge, ormeau, marquage obligatoire…).

Règlementation générale

Conditions nécessaires:

Avoir 16 ans pour l’utilisation d’un harpon et avoir souscrit un contrat d’assurance en responsabilité civile couvrant la pratique de la pêche sous-marine de loisir (même pour les moins de 16ans).
Obligations et règles de sécurité:
Le produit de la pêche de loisir est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille et ne peut être vendu.
Le pêcheur sous-marin doit être en mesure de justifier son identité aux autorités compétentes et de présenter son attestation d’assurance en responsabilité civile.
Il se renseigne avant d’aller pêcher sur la réglementation locale auprès de l’administration des affaires maritimes.
Il doit signaler sa présence à l’aide d’une bouée et d’un pavillon réglementaire sur son embarcation.

Il est interdit:

d’utiliser et de détenir à bord un appareil respiratoire permettant de respirer en plongée.
d’utiliser un fusil à gaz comprimé autrement que par la force de l’utilisateur.
d’utiliser et de détenir à bord un appareil spécial pour la pêche sous-marine et d’un scooter sous-marine.
de tenir hors de l’eau une arbalète chargée.
de capturer des crustacés en utilisant une arbalète.
de pêcher à moins de 150m des embarcations de pêche ainsi que des engins de pêche signalés par des balisages.
de pêcher à l’intérieur des ports, des zones de baignade, des cantonnements, des réserves et des zones militaires.
de pratiquer entre le coucher et le lever du soleil.
d’utiliser un foyer lumineux
de détenir simultanément à bord d’un navire des équipements respiratoires et des engins de pêche sous-marine.

Espèces interdites:

Sur l’ensemble du territoire: la grande nacre, le jambonneau rude, la datte de mer, la grande cigale, la grande patelle, l’oursin diadème.
En Méditerranée: le mérou brun, la badèche, le cernier, le corb.
Espèces règlementées: l’oursin, l’ormeau, la coquille Saint-Jacques, le thon rouge.

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